Voilà environ deux semaines que j'ai commencé à lire un livre francais, suite de quoi depuis quelques jours, je rêve de nouveau en francais. C'est un sentiment étrange et irritant; un sentiment déconcertant qui, pour moi, renvoie à un état d'esprit plus vaste de déboussolement que je resens voilà un bon moment.
D'une certaine manière, je me suis toujours beaucoup plus sentie attachée à la langue - Allemande ou Francaise - qu'au pays eux-mêmes. Mon analyste pense que mon choix d'études vient du désir de "traduire" (littéralement et métaphoriquement) entre mon père et ma mère; comme si j'étais un lien de transmission entre les deux cultures auquelles mes parents appartiennent. En éffet, je me sens souvent comme héritière de deux patrimoines; comme si je dévrais incorporer en moi seule tout un tas de demandes largement contradictoires et opposés (rien d'exceptionnel à cela peut-être; n'est pas le cas de chaque culture?). Non seulement y-a-t'il la différence de culture entre mes parents, mais il y a aussi deux histoires de familles cafouilleuses, énigmatiques; pleins de resentiments inexprimés et chargins non-avouées (mais là encore, rien d'extraordinaire, non? y-a-t'il une histoire de famille qui soit différente par qualité, et non seulement par degrée?).
L'histoire de ma famille maternelle est étroitement lié non seulement à la France, mais à l'histoire de la France en temps qu'état colonial: ma mère et ses frères et soeurs sont tous nés sur des continents différents suite à un père militaire; une histoire de déracinement et vagabondage que je n'ai moi-même jamais connue, sauf à travers d'anecdotes. Du côté de mon père, une famille apparement attachée et enracinée dans l'Autriche rurale; mon père lui-même un nomade qui a couru le monde pour la plupart de sa vie adulte. Ma mère, ayant quittée son pays pour voyager elle aussi, s'est finalement installé en Autriche et s'est fait un devoir de nous garantir à nous, ses enfants, la stabilité et simplicité d'une enfance champêtre.
Attirée par le nomadisme puis en même temps désirant la sécurite qu'offre une racine - une vie vécu dans un pays, un même endroit, voir là même maison -, il me reste par fois qu'un vaste sentiment de déchirement et insuffisance. Ni l'un ni l'autre, il m'est difficile de me retrouver moi, de me débarrasser de ce double héritage dont je n'ai jamais demandé et que par moment je refuse avec la véhémence déséspérée d'un animal enfermée qui se cogne contre les barreaux de sa cage encore, et encore, puis encore; se prétant à l'illusion qu'un jour, peut-être, par miracle, la chair et les os d'un être vivant pourront briser du fer.
D'une certaine manière, je me suis toujours beaucoup plus sentie attachée à la langue - Allemande ou Francaise - qu'au pays eux-mêmes. Mon analyste pense que mon choix d'études vient du désir de "traduire" (littéralement et métaphoriquement) entre mon père et ma mère; comme si j'étais un lien de transmission entre les deux cultures auquelles mes parents appartiennent. En éffet, je me sens souvent comme héritière de deux patrimoines; comme si je dévrais incorporer en moi seule tout un tas de demandes largement contradictoires et opposés (rien d'exceptionnel à cela peut-être; n'est pas le cas de chaque culture?). Non seulement y-a-t'il la différence de culture entre mes parents, mais il y a aussi deux histoires de familles cafouilleuses, énigmatiques; pleins de resentiments inexprimés et chargins non-avouées (mais là encore, rien d'extraordinaire, non? y-a-t'il une histoire de famille qui soit différente par qualité, et non seulement par degrée?).
L'histoire de ma famille maternelle est étroitement lié non seulement à la France, mais à l'histoire de la France en temps qu'état colonial: ma mère et ses frères et soeurs sont tous nés sur des continents différents suite à un père militaire; une histoire de déracinement et vagabondage que je n'ai moi-même jamais connue, sauf à travers d'anecdotes. Du côté de mon père, une famille apparement attachée et enracinée dans l'Autriche rurale; mon père lui-même un nomade qui a couru le monde pour la plupart de sa vie adulte. Ma mère, ayant quittée son pays pour voyager elle aussi, s'est finalement installé en Autriche et s'est fait un devoir de nous garantir à nous, ses enfants, la stabilité et simplicité d'une enfance champêtre.
Attirée par le nomadisme puis en même temps désirant la sécurite qu'offre une racine - une vie vécu dans un pays, un même endroit, voir là même maison -, il me reste par fois qu'un vaste sentiment de déchirement et insuffisance. Ni l'un ni l'autre, il m'est difficile de me retrouver moi, de me débarrasser de ce double héritage dont je n'ai jamais demandé et que par moment je refuse avec la véhémence déséspérée d'un animal enfermée qui se cogne contre les barreaux de sa cage encore, et encore, puis encore; se prétant à l'illusion qu'un jour, peut-être, par miracle, la chair et les os d'un être vivant pourront briser du fer.

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