La porte fermée derrière moi, mon sac à moitié tombé de l'epaule, je me débarrasse de mes souliers avec un geste saccadé. Plouf, le droite, puis le gauche. Premier chemin: stéréo, volume au maximum; deuxième: fenêtre et cigarette. Assise sur la banquette je fume en regardant la ville, de loin je vois les avions s'aligner pour atterrir; un gigantesque collier d'acier gris dans le ciel. Je regarde mon coeur suspendu dans le vide du cinquième étage. Ensuite, ordinateur et internet - qui sait, peut-être même un message important.
En dépit de mon manque de faim et d'envie, je me décide de cuisiner. Après tout, pourquoi pas manger, hein? Pourquoi s'excuser, et devant qui, du fait que c'est le même repas que chaque soir. Le plaisir de vivre seule, c'est cela aussi: manger tous les jours la même chose.
Plus tard, je me plait dans ma bêtise de première bière; soudain tout semble possible - la sincérité, l'approximation maximale du moi-même, peut-être même l'audacité d'une recontre avec l'étranger sans peur et remords, et sans caution, surtout, sans prudence. Je m'amuse à danser seule; j'aligne des pas à l'improviste devant un public imaginaire.
Je ne pense pas aux brèves minutes avant de m'endormir, quand - la conscience presque déjà dissipée - je me reveille en sursaut car j'ai l'impression de tomber dans le vide, et de très haut. Je ne pense pas à ce sentiment de déjà-vu qui me surprends de temps à autre quand je roule en bicyclette; ce flash patibulaire d'une voiture qui, soudain venue de nulle part, me saisit du côté, envoyant mon corps se ballader dans l'air; les bruissements du metal grincant, la sensation d'être heurtée par une matière plus dure que ma chair; le bruit sourd de ma tête rencontrant l'asphalte. Je crois qu'un jour, je vais mourrir dans un accident de voiture. Ou peut-être que, dans un autre vie, j'en suis déjà morte. Ou bien peut-être encore que dans l'infini des mondes parallèles, je meurs d'un accident de voiture chaque seconde.
Bien plus tard encore, après ma dernière cigarette et avant de me coucher pour m'enfuir dans le monde imaginaire et étrangement plus réel d'un livre (Les Mandarins, à présent), je suis infiniment soulagée de l'avoir achevée, cette journée. Une autre pièce enchainée dans le train train de la vie qui, depuis quelque temps, à le goût fade du quotidien. Mais après tout, quand on est vivant, il faut bien vivre.
En dépit de mon manque de faim et d'envie, je me décide de cuisiner. Après tout, pourquoi pas manger, hein? Pourquoi s'excuser, et devant qui, du fait que c'est le même repas que chaque soir. Le plaisir de vivre seule, c'est cela aussi: manger tous les jours la même chose.
Plus tard, je me plait dans ma bêtise de première bière; soudain tout semble possible - la sincérité, l'approximation maximale du moi-même, peut-être même l'audacité d'une recontre avec l'étranger sans peur et remords, et sans caution, surtout, sans prudence. Je m'amuse à danser seule; j'aligne des pas à l'improviste devant un public imaginaire.
Je ne pense pas aux brèves minutes avant de m'endormir, quand - la conscience presque déjà dissipée - je me reveille en sursaut car j'ai l'impression de tomber dans le vide, et de très haut. Je ne pense pas à ce sentiment de déjà-vu qui me surprends de temps à autre quand je roule en bicyclette; ce flash patibulaire d'une voiture qui, soudain venue de nulle part, me saisit du côté, envoyant mon corps se ballader dans l'air; les bruissements du metal grincant, la sensation d'être heurtée par une matière plus dure que ma chair; le bruit sourd de ma tête rencontrant l'asphalte. Je crois qu'un jour, je vais mourrir dans un accident de voiture. Ou peut-être que, dans un autre vie, j'en suis déjà morte. Ou bien peut-être encore que dans l'infini des mondes parallèles, je meurs d'un accident de voiture chaque seconde.
Bien plus tard encore, après ma dernière cigarette et avant de me coucher pour m'enfuir dans le monde imaginaire et étrangement plus réel d'un livre (Les Mandarins, à présent), je suis infiniment soulagée de l'avoir achevée, cette journée. Une autre pièce enchainée dans le train train de la vie qui, depuis quelque temps, à le goût fade du quotidien. Mais après tout, quand on est vivant, il faut bien vivre.

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